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Un monde en paix du Général Jean Cot

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Aux Éditions Charles Léopold Mayer (ECLM)

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, France, septembre 2016

Le jeu des acteurs étatiques sous régionaux dans la lutte contre « Boko Haram »

Le terrorisme représente une menace transnationale. Sa déterritorialisation devrait obliger les États a déterritorialiser leurs réponses sécuritaires pour gagner en efficacité.

Mots clefs : Résistance aux groupes terroristes | S'opposer à l'impunité | Gestion de conflits intercommunautaires | La responsabilité des autorités politiques à l'égard de la paix | Sécurité et paix | Cameroun | Nigeria | Tchad | Centrafrique | Soudan | Libye

Introduction

Étudier les différentes facettes du conflit « Boko Haram » sous le prisme de l’économie politique revient à analyser les jeux d’intérêts économiques et les jeux de pouvoir des différents acteurs en présence. Une telle perspective nous permet de comprendre les motivations des protagonistes impliqués dans le conflit ainsi que leur intérêt à pérenniser ou mettre fin à situation conflictuelle qui profite à certains et fragilise d’autres.

Nombreuses sont les réflexions qui ont porté sur les motivations et les intérêts des acteurs infra-étatiques dans le conflit Boko Haram, cependant peu de cas a été fait du jeu des États du bassin du Lac Tchad impliqués depuis deux ans et demi dans la lutte contre cette nouvelle menace transfrontalière. Pourtant les multiples contraintes sécuritaires qui pèsent sur ces États, la poursuite d’intérêts nationaux parfois incompatibles, le poids de l’histoire et la minimisation de l’importance de la coopération sécuritaire devant une menace qui s’est « défrontierisée », ont été des variables structurant leur implication dans la lutte contre Boko Haram.

Cette note se propose de comprendre les jeux d’intérêts des États impliqués dans la lutte contre le terrorisme dans le Bassin du Lac Tchad à travers une réflexion qui s’ouvrira sur un panorama des grandes questions sécuritaires dans cette région. Ensuite, il sera question d’analyser les intérêts qui déterminent la décision des États de lutter contre Boko Haram et de mutualiser leurs efforts dans ce combat. Nous terminerons en présentant les principaux défis que doivent surmonter les États de la région pour renforcer la coopération sécuritaire indispensable à la sortie de crise.

1. Bassin du Lac Tchad : une région aux prises avec de multiples menaces sécuritaires

On ne peut comprendre l’implication à des degrés divers des États riverains du bassin du Lac Tchad dans la lutte contre Boko Haram si on ne la met pas en perspective avec les défis sécuritaires intrinsèques à chacun de ces États. En dehors du climat d’insécurité entretenu par les attaques de la nébuleuse Boko Haram, plusieurs autres menaces détériorent la conjoncture sécuritaire du Cameroun, du Nigéria et du Tchad.

1.1. Le Cameroun au carrefour d’une zone de grande turbulence

Contrairement à d’autres États de la région qui ont vu naître des mouvements insurrectionnels à l’intérieur de leurs frontières, les menaces qui pèsent actuellement sur le Cameroun résultent pour la plupart du débordement de crises sociopolitiques qui embrasent les États voisins.

1.1.1 La menace venue de l’Est

L’instabilité qui a suivi le renversement de l’ex-président centrafricain François Bozizé, le 24 mars 2013, a provoqué des troubles sécuritaires à la frontière orientale du Cameroun. Après l’incursion de plusieurs groupes armés agissant aussi bien sous la bannière de la Seleka, des Anti-Balaka que d’autres groupes armés non identifiés, des épisodes d’enlèvement de civils camerounais et d’affrontement entre factions rebelles et forces de sécurité camerounaises ont été enregistrées ces dernières années.

Même si ces incursions se tassent avec le retour progressif de la paix en Centrafrique – quoiqu’il faille le relativiser – d’autres événements nourrissent les inquiétudes : l’implication croissante de certains réfugiés dans des activités criminelles (braconnage, attaque des éco-gardes, prise d’otage)1 et la circulation d’importantes quantités d’armes de guerre dans la région de l’Est à la suite du programme de désarmement lancé en Centrafrique2. Ce constat alarmant a obligé les autorités camerounaises à renforcer les mesures de sécurité le long de la frontière avec la Centrafrique3.

1.1.2 La menace venue du nord

L’extrême nord du Cameroun est en proie à une insécurité transfrontalière qui s’inscrit dans l’histoire ancienne de la région. Cette insécurité s’enracine dans les razzias précoloniales qui se sont transformées en violence armée dans les années 70, après leur interdiction sous la colonisation et à la faveur des guerres civiles au Tchad et au Soudan. La mutation progressive des rebelles armés en coupeurs de route dans les décennies 90 et 2000 n’était que le nouvel avatar d’une menace ancienne qui a profité du désengagement socio-économique et institutionnel de l’État pour s’implanter durablement4.

Les entrepreneurs de l’insécurité présents dans cette zone névralgique du Cameroun ont alimenté un important trafic d’armes légères et de produits de contrebande, permettant ainsi à la criminalité transfrontalière de se développer de manière quasi irréversible. Aujourd’hui, plusieurs de ces criminels militent au sein de la nébuleuse Boko Haram, brouillant un peu plus les frontières entre le crime organisé et le terrorisme.

1.1.3 La menace venue des mers

L’insécurité maritime dans le Golfe de Guinée donne lieu à des actes de piraterie, au gangstérisme mer-terre et à une intense activité de contrebande5. On y observe une présence sans cesse croissante de pirates qui s’adonnent à l’arraisonnement des navires, aux enlèvements d’équipage, au pillage de ressources halieutiques. Les entreprises criminelles qui opèrent dans le Golfe de Guinée menacent concomitamment la sécurité du littoral camerounais et celle du littoral nigérian6.

1.2. La poudrière nigériane

La situation sécuritaire au Nigéria reste très précaire. L’existence de plusieurs foyers d’instabilité qui connaissent des épisodes réguliers de violence meurtrière, place le nouveau pouvoir devant une impasse sécuritaire. Il doit à la fois gérer les revendications séparatistes du sud, l’épouvantail islamiste présent dans le nord et les conflits intercommunautaires qui sévissent dans le centre du pays.

1.2.1. La résurgence des séparatisme dans le Sud Est et dans le Delta du Niger

Les récentes agitations dans le Sud Est, portées par des pro-séparatistes Igbo, le 02 Décembre 2015, à la suite de l’arrestation d’un de leur leader par ailleurs directeur de Radio Biafra, ont montré que les tristes souvenirs de la guerre du Biafra (1967-1970) sont loin d’être oubliés et le rêve d’une république du Biafra toujours aussi présent dans les esprits7.

Par ailleurs, plusieurs groupes armés dans le Delta du Niger affichent de plus en plus leur hostilité au nouveau pouvoir en s’en prenant aux oléoducs, gazoducs et plateformes pétrolières. Ils sont déjà responsables du sabotage de plus de 1600 pipelines entre janvier et Août 2016. Si les plus visibles sont les Vengeurs du Delta du Niger, force est de constater qu’une myriade d’autres acteurs intervient, rendant encore plus difficiles les négociations pour une sortie de crise8. La décision de Buhari de mettre fin aux mesures d’amnistie négociées par l’administration de Gootlock a envenimé la situation et favorisé l’émergence de nouveaux combattants armés dont les plus radicaux souhaitent la rupture totale avec l’État fédéral9.

1.2.2. Le danger de l’extrémisme chiite

Dans le Nord c’est le Mouvement Islamique du Nigéria (IMN), organisation Chiite fondée par Ibrahim El-Zakzaky depuis le début des années 1980, qui concentre l’attention, mise à part la menace Boko Haram. Principalement localisé dans l’État de Kaduna mais disposant d’une large base de sympathisants dans plusieurs autres États du nord dont Kano, Bauchi, Yobe, Yola, Katsina, Gombe et Gusau où vivent des minorités chiites, ce mouvement projette de réduire l’influence occidentale et de créer un État islamique au Nigéria10.

Bien que le mouvement islamique du Nigéria se définisse comme une organisation pacifiste, par opposition à Boko Haram, il partage tout de même une longue histoire d’affrontement avec les forces de sécurité et d’autres groupes musulmans : 1991, 1996, Juin 2005, Juillet 2007, septembre 2009, juillet 2014 renvoient à des épisodes de grande violence dans l’histoire de la secte pro-iranienne. La répression sanglante d’une manifestation du mouvement en décembre 2015 par les troupes gouvernementales- ayant entraîné la mort de 347 membres de la secte11 -, si elle reste impunie, pourrait entraîner une radicalisation violente du groupe, créant ainsi un foyer d’instabilité à quelques encablures d’Abuja.

1.2.3. Les conflits meurtriers entre paysans et pasteurs dans le centre du pays

Le Middle Belt du Nigéria est souvent le théâtre d’affrontements meurtriers entre Bergers nomades venus du nord, poussés par le changement climatique, et fermiers sédentaires autochtones12. Au mois de février 2016, des bergers peuls originaires de l’État Nassarawa, très lourdement armés ont attaqué des villages situés dans l’État de Benue, faisant une cinquantaine de morts et incendiant une centaine de maisons13.

Bien que ce conflit oppose des fermiers musulmans aux cultivateurs majoritairement chrétiens, il ne saurait se réduire à une guerre interconfessionnelle puisque le véritable enjeu reste l’accès aux zones de pâturage et aux points d’eau.

1.3 Le Tchad face aux périls du nord

Avec une longue histoire politique émaillée de violence, les régimes tchadiens qui se sont succédé ont vécu au rythme des putschs orchestrés par divers groupes rebelles. La relative accalmie qui prévaut pour le moment ne doit pas laisser penser que les démons du passé ont été complètement exorcisés.

1.3.1. Les risques d’une métastase du chaos libyen

Si le danger d’une attaque de rebelles venus du Soudan semble s’éloigner depuis la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan en 201014, l’ombre de forces venues de l’extérieur pour renverser le pouvoir central continue de planer depuis le Nord.

En effet, l’anarchie qui a prévalue en Libye au lendemain du renversement du régime de Mouammar Kadhafi a mis à mal la sécurité dans la partie septentrionale du Tchad. L’effondrement de ce régime en 2011 a bouleversé l’équilibre régional et ouvert une brèche, dans le sud de la Libye, dans laquelle plusieurs groupes armés se sont engouffrés15.

L’hypothèse d’un retour des rebelles tchadiens, qui avaient pris part au conflit libyen, profitant du désordre ambiant pour s’infiltrer et renverser le pouvoir centrale de N’Djamena est pris très au sérieux par les autorités tchadiennes16. À ce propos, les récentes menaces du mouvement politico-militaire dénommé FACT (Front pour l’alternance et la concorde du Tchad) présent à la frontière avec la Libye ont renforcé les craintes du régime17.

1.3.2. Les conflits intercommunautaires autour des mines d’or

Dans la région du Tibesti située à l’extrême nord du Tchad, à la frontière avec le Niger, la ruée vers l’or a donné lieu à des affrontements intercommunautaires opposant les Toubous aux Zagawa.

La découverte de l’or dans les montagnes du Tibesti a aiguisé les convoitises des orpailleurs et nourri les tensions entre les Toubous, qui se présentent comme les autochtones de la région, et les Zagawa perçus comme allogènes, donc illégitimes à exploiter le sous-sol aurifère18. Ces tensions ont souvent donné lieu à des séquences d’affrontements sanglants avec des débordements sur le Niger voisin.

Si nous associons le Niger à cette photographie des foyers de tension et d’instabilité présents dans le Bassin du Lac Tchad, nous aurons un tableau encore plus sombre accompagné du sentiment que la région est au bord de l’implosion. Mais, l’acuité de la menace Boko Haram a concentré tous les regards, la rehaussant au rang d’enjeu sécuritaire majeur de la sous-région. Les États du Bassin du Lac Tchad ont ainsi trouvé plus d’intérêt à mettre un terme à la menace djihadiste.

2. Les intérêts du Tchad, du Cameroun et du Nigéria dans la lutte contre Boko Haram

La prise en compte de la menace que représente Boko Haram par les pays frontaliers au Nigéria s’est faite assez tardivement. Initialement perçue par les États voisins comme un problème nigéro-nigérian, leur regard a progressivement changé au gré de l’évolution du mouvement. Certains d’entre eux ont décidé de lutter contre Boko Haram pour défendre leurs intérêts nationaux directement menacés, tandis que d’autres ont vu dans ce combat une opportunité politique et diplomatique.

2.1. Intérêts du Tchad

C’est à la fois pour sauver son économie mise à mal par l’expansion de la menace Boko Haram, et saisir l’opportunité politique et diplomatique offerte que le Tchad aurait décidé de rassembler ses forces pour combattre Boko Haram.

La crise sécuritaire dans le nord-est du Nigéria a perturbé les échanges commerciaux très dynamiques entre le Tchad et ses voisins. Par exemple, l’exportation du bétail tchadien vers le Nigéria a été quasiment stoppée. Quant à l’importation des biens de consommation produits au Nigéria – très prisés par les consommateurs tchadiens – elle a changé d’itinéraire, augmentant le prix à la consommation sur les marchés du Tchad pour compenser les coûts élevés de transport19. Cette hausse de prix s’est révélée dangereuse pour un pays qui a été confronté, début novembre 2014, à des mouvements sociaux contre la vie chère.

Par ailleurs N’Djamena redoutait que la ville de Maroua, devenue la cible régulière des attaques djihadistes dès l’été 2014, ne tombe dans l’orbite islamiste, ce qui aurait signifié la fermeture de la route transnationale N’Djamena-Kousserie, Kousserie-Maroua, qui représente pourtant le canal de ralliement du Tchad au littoral camerounais, c’est-à-dire au port de Douala, principal débouché maritime du Tchad20. C’est donc en vue de sécuriser les lignes d’approvisionnement vitales à son économie que le Tchad a décidé de s’investir dans la lutte contre Boko Haram.

Mais au-delà des intérêts économiques qu’il fallait défendre, le Tchad a voulu saisir l’opportunité offerte par la lutte contre le terrorisme pour ré-légitimer son régime de plus en plus contesté de l’intérieur et isolé à l’extérieur.

La crise économique provoquée par la chute des cours du brut et l’intensification des attaques de Boko Haram a alimenté les inquiétudes de la population tchadienne et érodé la légitimité du régime. La montée de la grogne sociale prenant, de plus en plus, des allures de contestation politique a menacé d’effondrement les édifices du pouvoir. La Tchad a trouvé dans la lutte contre Boko Haram le moyen de calmer les inquiétudes – au moins sur le plan sécuritaire – et de justifier l’utilité d’un pouvoir qui s’est historiquement consolidé sur la rhétorique de la menace de l’ennemi.

De plus en plus impopulaire à l’intérieur, c’est auprès des partenaires occidentaux que le régime d’Idriss Deby recherche une nouvelle légitimité. En se positionnant comme le fer de lance de la lutte contre le terrorisme en Afrique, le Tchad se rend désormais incontournable aux yeux des Français et des Américains de plus en plus inquiets de la montée des courants djihadistes en Afrique subsaharienne. L’évolution de la perception du Tchad par l’administration Hollande est assez symptomatique de la realpolitik qui guide désormais les rapports entre ces deux États. D’autocrate paria, le régime tchadien est progressivement devenu un partenaire fréquentable puis un allié incontournable. Une relation qui a souvent obligé Paris à fermer les yeux sur les dérives autoritaires et liberticides du régime21.

2.2. Intérêts du Cameroun

Les premières incursions de Boko Haram en territoire camerounais remontent à 201222. Cependant, ce n’est qu’en 2014 que le pouvoir en place prend la mesure du danger et décide de renforcer son dispositif sécuritaire aux frontières avec le Nigéria. Ce geste signe l’entrée du Cameroun dans la lutte contre Boko Haram. Au-delà de la volonté de mettre un terme aux activités du groupe terroriste sur le sol camerounais, des enjeux économiques et de politique intérieure auraient déterminé l’entrée en guerre.

La violence meurtrière du mouvement islamiste et la répression aveugle de l’armée nigériane ont entraîné un afflux de réfugiés Nigérians en territoire camerounais. Il semblerait que les éléments de Boko Haram se soient infiltrés dans ces populations pour trouver refuge au Cameroun. La crise humanitaire qui a suivi ce mouvement a pris de court les autorités camerounaises déjà acculées par la présence massive de réfugiés centrafricains sur leur territoire à la même période. C’est dans l’optique de juguler ce flux de réfugiés financièrement insoutenable et socialement crisogène – au regard des tensions intercommunautaires qu’il pouvait nourrir en raison de la pression sur les ressources – que le Cameroun s’est investi dans le combat contre le groupe terroriste.

L’autre enjeu de l’implication du Cameroun dans la lutte contre Boko Haram consistait à sauver l’industrie du tourisme menacée par les enlèvements répétés des expatriés dans la région de l’Extrême-nord. Par exemple, l’enlèvement de la famille française le 19 février 2013 dans le parc national de Waza, célèbre réserve animalière très fréquentée par les touristes, a remis en cause les conditions de sécurité des personnes dans cette région et changé la réputation du Cameroun en tant que « destination touristique sûre » aux yeux de nombreux touristes. Un danger pour un pays qui veut faire du secteur touristique un levier important de la croissance économique23. Cependant, c’est surtout dans l’optique de rassurer ses partenaires étrangers, de plus en plus inquiétés par les enlèvements croissants de leurs ressortissants, que le président Biya a fait le choix de renforcer le dispositif sécuritaire dans le septentrion.

Tout comme le Tchad, la décision du Cameroun de combattre Boko Haram lui a donné l’occasion de réchauffer ses relations plus ou moins tendues avec la France. Au départ très distantes et caractérisées par l’évitement de toute apparition publique avec le président camerounais, les relations entre Hollande et Biya se sont améliorées derrière le projet de lutte contre la menace commune incarnée par Boko Haram.

Sur le plan politique, le régime ne se prive pas de jouer la carte de l’unité nationale pour amoindrir la marge de manœuvre des opposants et de la société civile. Derrière la rhétorique de « l’Union Sacrée » ainsi que l’adoption d’une loi antiterroriste très controversée, le pouvoir s’emploie à tétaniser les forces de l’opposition24. Ensuite, il attise la ferveur patriotique qui naît à la suite des attaques répétées de Boko Haram pour étouffer les voix dissidentes dans l’espace médiatique et politique.

L’opportunisme du régime Biya va plus loin, car il cherche à transformer les victoires de l’armée sur le front en bénéfice politique dans un contexte où, incapable d’apporter des réponses satisfaisantes aux besoins sociaux et économiques des Camerounais, il a fait de la préservation de la paix son principale cheval de bataille. L’image du Cameroun comme havre de paix dans une Afrique centrale en proie à de multiples conflits était l’argument vanté durant la campagne présidentielle de 2011, mais aucun élément factuel ne donnait durant cette période autant de poids et de pertinence à ce bilan.

Ainsi derrière la lutte contre Boko Haram, le régime de Biya frappé par l’usure essaye de se refaire une santé politique.

2.3. Intérêts du Nigéria

Bien que le principal enjeu est de mettre fin à une guerre qui a déjà causé la mort de plus de 20.000 personnes et créé environ 2 millions de réfugiés, plusieurs autres intérêts économiques et politiques sont en jeux dans la lutte que le gouvernement nigérian mène contre Boko Haram. Si l’enjeu sécuritaire a été au centre de la campagne électorale pour les élections présidentielles et locales de 2015 au point d’en déterminer le calendrier, l’arrivée de Muhammadu Buhari au pouvoir ne l’a pas relégué au second plan.

Aujourd’hui, la poursuite d’intérêts politiques détermine l’implication du nouveau pouvoir dans la lutte contre Boko Haram. En effet, il essaye derrière sa détermination dans la lutte antiterroriste de maintenir le soutien populaire en respectant les promesses d’une campagne où l’enjeu sécuritaire a surpassé l’enjeu économique. Car le choix de Buhari a été déterminé non pas tant par ses promesses économiques - car Gudlook Jonathan avait déjà réussi durant son mandat à hisser le Nigéria au rang de première puissance économique d’Afrique - mais davantage par ses promesses d’anéantir Boko Haram et d’assainir une administration gangrénée par la corruption25.

Par ailleurs, la mauvaise santé économique du pays est en train d’entamer la crédibilité du régime. Avec la récession de son économie au 2e semestre 2016, qui a de surcroît perdu sa place de première puissance économique du continent26, l’enjeu pour le nouveau gouvernement est d’envoyer des signes d’efficacité à l’opinion en compensant la descente aux enfers sur le terrain économique par de nettes victoires sur le terrain militaire.

Cinquième destination des Investissements Directs Étrangers sur le continent, le Nigéria observe un retrait progressif des investisseurs depuis que sa conjoncture sécuritaire s’est dégradée, mais aussi à cause de la décision de Buhari de maintenir le Naira (monnaie locale) à un niveau artificiellement élevé27. L’enjeu est désormais d’envoyer des signaux rassurants aux investisseurs. En plus des reformes de sa politique monétaire, ce géant économique au pied d’argile sécuritaire devrait donner davantage de gages de stabilité pour encourager voire accroître les investissements. La lutte contre le terrorisme devient donc une nécessité pour relancer sa croissance en berne.

Le développement hypertrophié de la menace terroriste dans le Bassin du Lac Tchad a non seulement posé des défis sécuritaires et économiques aux États riverains mais aussi ouvert une fenêtre d’opportunités politiques et diplomatiques. Certains régimes de la sous-région ont joué leur survie derrière le conflit Boko Haram. Malgré la formulation de réponses sécuritaires individuelles au départ, ils se sont très vite trouvés dans l’obligation de mutualiser leurs efforts.

3. Enjeux de la coopération sécuritaire dans le bassin du Lac Tchad

La transnationalisation de la nébuleuse Boko Haram consécutive à sa « défrontiérisation » a plongé la région du Lac Tchad dans le cercle vicieux de la terreur. Devant un mouvement qui a su tirer profit des relations glaciales et suspicieuses entre les États pour se mouvoir dans un mépris total des frontières nationales, le renforcement des mécanismes de sécurité collective s’est rapidement posé comme un impératif. Les enjeux du renforcement de la coopération entre les appareils de sécurité et les services de renseignement des principaux États affectés par le conflit étaient multiples :

  • Partager et coordonner le renseignement sur les activités des terroristes dans la région afin de remonter les filières djihadistes ;

  • Surveiller les frontières à travers des postes de contrôle et des patrouilles conjointes pour endiguer le trafic d’armes et couper toute autre ligne de ravitaillement de Boko Haram ;

  • Intervenir militairement à travers des raids aériens et terrestres conjoints pour démanteler les réseaux djihadistes et détruire leur entrepôt de fabrication de bombes artisanales et d’engins explosifs improvisés (IDE) ;

  • Réduire l’attractivité de Boko Haram à travers la promotion d’une coopération décentralisée transfrontalière autour de projets de développement concrets.

Ainsi, à partir de février 2015, on a observé une nette diminution du pouvoir de nuisance et de l’emprise territoriale de Boko Haram grâce la coopération sécuritaire entre le Tchad, le Cameroun, le Nigéria et le Niger.

Si pour les autres États l’enjeu de la coopération était de coaliser les forces pour renverser Boko Haram, le Tchad s’est montré on ne peut plus ambitieux dans son intervention. L’enjeu pour le Tchad, présent sur tous les fronts aux côtés des forces camerounaises, nigériennes et nigérianes, était d’asseoir son statut de gendarme de la sous-région.

Le Tchad a toujours manifesté des velléités hégémoniques dans une région qu’il considère comme acéphale. En projetant ses forces sur plusieurs théâtres d’opérations et en répondant promptement aux sollicitations de ses paires dans la sous-région28, le Tchad veut se tailler une réputation de leader stabilisateur29. Ce sont d’ailleurs ces ambitions géopolitiques qui ont portée aujourd’hui le président Idriss Deby à la tête de l’Union africaine (UA).

Cependant même si la coopération sécuritaire semble acquise depuis la mise place de la Force Multinationale Mixte (FMM), force est de constater qu’il n’en a toujours pas été ainsi, car de nombreux obstacles ont retardé et continuent de perturber le processus de mutualisation.

4.Les défis dans la coopération sécuritaire régionale contre Boko Haram

La coopération sécuritaire entre les États riverains du bassin du Lac Tchad s’est heurtée à une série d’obstacles politiques, géopolitiques, opérationnels et institutionnels qui ont retardés la création et l’opérationnalisation de la FMM. Certains obstacles ont pu être surmontés mais d’autres demeurent et continuent de torpiller les efforts de coopération.

4.1. Les défis politiques

Un des défis majeurs à surmonter dans le cadre de la coopération étatique pour lutter contre Boko Haram réside au niveau politique. Par exemple, la forte réticence du Nigéria face à toute forme d’ingérence sur son territoire est restée une donnée structurante de la dynamique des interactions entre les unités souveraines du bassin du Lac Tchad. Cette réticence tient à plusieurs raisons liées à son histoire politique :

  • Par « orgueil national », le Nigéria refuse toute présence d’armée étrangère sur son sol, qui pourra être vécu comme une humiliation pour une puissance régionale qui a dans un passé très récent joué le rôle de gendarme de la région30. Ce positionnement aurait fait perdre beaucoup de temps dans la définition d’un format consensuel de la FMM et aurait aussi entraîné l’arrêt de l’avancée des troupes tchadiennes vers la ville de Maiduguri, le 10 mars 2015.

  • Ensuite, le souvenir insupportable de l’interventionnisme humanitaire des ONG qui a profité aux rebelles lors de la guerre de sécession du Biafra entre 1967 à 1970 explique cette forte aversion pour tout ce qui pourrait violer sa souveraineté.

Ce fort attachement à la souveraineté n’est pas le seul fait du Nigéria. Ainsi sur le plan politique, le souverainisme exacerbé de certains États a nettement freiné l’édification de mécanismes de sécurité collective nécessaires dans la lutte contre Boko Haram.

4.2. Défis géopolitiques

Pour comprendre les réticences que le Cameroun, le Tchad et le Nigéria ont affichées dans le cadre de leur coopération, il est important de faire un détour par l’histoire diplomatique de la région. Le poids de l’histoire, le climat diplomatique suspicieux et les sempiternelles querelles de leadership auraient grandement compromis la coopération entre ces États.

4.2.1 Le poids d’une histoire commune marquée par des rivalités

L’assèchement du Lac Tchad qui a affecté d’une manière disproportionnée les États riverains a alimenté des tensions dans la sous-région. Les rivalités historiques pour le contrôle des îles et l’utilisation des eaux du Lac Tchad après un assèchement dont le Nigéria a payé le plus lourd tribut ont refroidi les rapports entre les États de la région.

Par exemple, les rivalités Nigéria – Tchad pour le contrôle de l’îlot Hadidé et Kinasserom, Nigéria – Niger sur les îles Tomba Moto et Nigéria – Cameroun autour de l’île Darack mais aussi autour de la péninsule de Bakassi dans le Delta du Niger31, ont entretenu une atmosphère continuellement tendue dans la région.

4.2.2. Le climat diplomatique suspicieux

Plusieurs exemples témoignent de la méfiance mutuelle qui a régné entre les États de cette région. En l’occurrence les réticences de certains haut gradées de l’armée nigériane à travailler avec le Tchad qu’ils accusent à tort ou à raison de complicité avec BH32. Les Nigérians ont beaucoup hésité à envoyer leurs officiers de liaisons à la cellule de coopération et de liaison créée à N’Djamena où Français, Américains, Nigériens et Camerounais partageaient leurs informations.

4.2.3 Les querelles de leadership

Les ambitions hégémoniques de Tchad et du Nigéria ont attisé les guéguerres. On a observé des rivalités entre N’Djamena et Abuja pour l’exercice du leadership au sein des structures de coopération sécuritaire mises en place pour lutter contre Boko Haram et restaurer l’autorité de l’État dans les régions frontalières du Lac Tchad jadis délaissées.

Le géant économique et démographique ne souhaitait pas jouer les seconds rôles derrière son ambitieux voisin. Face au triomphe de la diplomatie tchadienne qui a réussi à déplacer le centre de commandement de la FMM sur son territoire, le Nigéria a plaidé pour une sectorisation de la force régionale afin de contrebalancer l’influence tchadienne et réduire sa marge de manœuvre33.

La géopolitique du bassin du Lac Tchad a été très marquée par des jeux de pouvoir entre le Tchad et le Nigéria, lesquels ont à un moment donné inhibé les initiatives de coopération sécuritaire. D’autres défis d’ordre institutionnel sont venus se greffer aux défis politiques et géopolitiques.

4.3. Les défis institutionnels

La question de l’institution régionale pouvant abriter le FMM s’est posée au début de la coopération. L’appartenance du couple Nigéria-Niger à la CEDEAO et du couple Cameroun-Tchad à la CEEAC, obligeait de ranimer une plateforme de coopération commune au quatre États, La Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), malgré que celle-ci ait montré par le passé son incapacité à prévenir les conflits nés des prétentions du Nigéria sur certaines portions du Lac Tchad34; une tâche qui faisait pourtant partie de ses missions mais qui a au contraire été remplie par la Cour Internationale de Justice (CIJ).

Nonobstant ses faiblesses intrinsèques et la défiance qu’elle suscitait, la CBLT offrait au moins un cadre institutionnel pour une action concertée entre les pays frappés par une menace dont le rayon d’action se situait à cheval entre l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale.

L’autre défi majeur sur le plan institutionnel reste celui de faire fonctionner pleinement les mécanismes multilatéraux de sécurité collective mis en place pour lutter contre Boko Haram. En effet, malgré les avancées dans la dynamique de mutualisation des forces armées sous régionales - notamment à travers la définition du Concept d’opération (CONOP) et la signature du Mémorandum d’entente (MoU) - le défaut de financement de la FMM empêche son opérationnalisation définitive.

Seul le secteur 1 de la FMM semble opérationnel et la résolution du conseil de sécurité nécessaire pour placer cette force sous le mandat des Nations Unies demeure attendue. Aujourd’hui, en dépit du mandat assigné par l’Union Africaine, force est de constater que c’est surtout au niveau bilatéral que se joue cette guerre. C’est en tout cas ce qui a été observé lors des dernières opérations conjointes menées par l’armée camerounaise et nigériane, et puis par les forces armées nigériennes et tchadiennes.

4.4. Les défis opérationnels

Les principaux défis opérationnels résident dans la divergence des logiques d’intervention et les faiblesses intrinsèques aux appareils de défense de certains États.

4.4.1. La divergence de logiques d’intervention

La poursuite d’objectifs différents au début de la lutte contre Boko Haram a beaucoup influencé les logiques d’intervention des États de la CBLT.

Le Cameroun privilégiant une logique de protection, a adopté au départ une posture défensive35 et son action à visé à réduire le rayon d’action de la nébuleuse Boko Haram, à démanteler ses cellules dormantes et ses filières d’approvisionnement et à sanctuariser son territoire36.

Le Tchad motivé par une logique de puissance, a misé sur la projection tous azimuts de ces forces et la démonstration de sa puissance de feu pour consolider sa posture de nouveau gendarme du sahel. Il semblait plus intéressé par les victoires spectaculaires à court terme de son intervention que par la restauration d’une durable la paix.

L’action du Nigéria a obéi à une logique de survie qui consiste à éradiquer complètement la menace Boko Haram sur son territoire, y compris dans ses derniers sanctuaires, et à restaurer la sécurité dans le Nord pour encourager le retour des réfugiés

4.4.2. Les faiblesses des appareils sécuritaires

Les faiblesses intrinsèques aux appareils militaires des pays mobilisés pour combattre la nébuleuse Boko Haram auraient nourrit la méfiance mutuelle et entamé la coopération opérationnelle. La triste réputation de certaines armées, qui auraient par leur méthode poussé la population civile dans les bras de Boko Haram, a milité en faveur de la définition d’un format opérationnel sur le modèle « chacun reste chez soi », lequel a dévoyé l’esprit même du concept de mutualisation des forces.

Par exemple, il semblait pour certains États absolument impensable de mener des opérations conjointes sur leur territoire avec une armée comme celle du Nigérian perçue comme très corrompue, infiltrée par des éléments de Boko Haram responsables de nombreuses bavures. L’impopularité record de cette armée au début du processus de mutualisation des forces provoquait méfiance et évitement. Cependant, les réformes apportées par M. Buhari ont redonné un nouveau souffle à cette armée jadis tombée en disgrâce37. L’armée tchadienne a essuyé des reproches comparables. Son indiscipline et sa propension au pillage n’a pas facilité les rapports avec les forces armées camerounaises.

Un autre défi opérationnel ayant compromis la collaboration se situait au niveau de l’absence d’une chaîne de commandement lisible au sein de l’armée nigériane sous l’administration Gootluck. Idriss Déby avait à cet effet évoqué toutes les difficultés rencontrées par son armée pour se coordonner avec les troupes nigérianes au plus fort des offensives en territoire nigérian38. Ce défi se superposait à la corruption à grand échelle qui gangrénait le haut Commandement de l’armée nigériane

L’alternance à la tête du Nigéria a été suivie de l’offensive diplomatique du nouveau président pour accélérer la mise en commun des forces entre les États du Bassin de Lac Tchad. La visite de Muhammadu Buhari au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Bénin quelques mois après son élection a permis d’atténuer les tensions et les suspicions et d’entrer dans une nouvelle phase de coopération fondée sur une volonté partagée de combattre la menace commune. Ses efforts ont permis de relever plusieurs défis, cependant certains obstacles semblent insurmontables. À ces obstacles se superpose l’attitude de certains États qui accordent la priorité aux intérêts nationaux.

Conclusion

La lutte contre Boko Haram peut être comparée à une partie de jeu qui met en scène plusieurs acteurs et plusieurs intérêts, lesquels déterminent des stratégies et des comportements différents. Dans cette partie de jeu, certains acteurs notamment les régimes politiques de la sous-région jouent leur survie. D’autres acteurs, les États, jouent leur notoriété et n’hésitent pas à avancer leurs pions en territoire étranger pour se construite une image d’hégémon stabilisateur. Ce jeu coopératif se heurte à de multiples obstacles qui ralentissent la mutualisation des efforts entre les différents acteurs.

Le terrorisme représente une menace transnationale. Sa déterritorialisation devrait obliger les États a déterritorialiser leurs réponses sécuritaires pour gagner en efficacité. Mais les difficultés rencontrées à démarrer de véritables projets de développement transfrontaliers et le retard observé dans le financement de la FMM donnent encore l’impression que les intérêts nationaux l’emportent sur les intérêts régionaux.

Notes

1Messi Balla, «Sécurité à l’Est : il faut redoubler de vigilance », Cameroon Tribune, Juin 2016.

2Jean Claude Fogno, « L’Est du Cameroun bientôt ingouvernable », Quotidien Emergence, Juin 2015.

3Armand Ougock, « Cameroun: Incursions des groupes armés centrafricains, le pays va renforcer les mesures de sécurité à l’Est », koici.com, Juillet 2016.

4Cyril Musila (2012), « L’insécurité transfrontalière au Cameroun et dans le bassin du lac Tchad », Note de l’IFRI.

5Alphonse Tamekamta (2015), « Le Golfe de Guinée. Inflation criminelle et stratégies institutionnelles », Thinking Africa, NDR n020.

6Le littoral nigérian concentre le plus grand nombre d’attaques de pirates, de l’ordre 25% selon les statistiques de l’ONUDC qui date de 2013. Le Delta du Niger est considéré comme l’épicentre de la piraterie et une plaque tournante du trafic d’armes et de drogues destinées à l’espace sahélien. Lire à ce sujet : Michel Luntumbue (2014), « Sûreté et sécurité maritimes dans l’espace CEEAC : enjeux et perspectives », GRIP, Note no7.

7Nnamdi Obasi, « Nigeria’s Biafran Separatist Upsurge », International Crisis Group, 4 Décembre 2015.

8C’est le cas des Réformés d’Egbesu (Reformed Egbesu Boys of the Niger Delta), des Vengeurs d’Adaka Boko (Adaka Boro Avengers, du nom d’un ancien indépendantiste), des Forces de libération du Delta du Niger (Joint Niger Delta Liberation Force), des Militants de la révolution du Delta (Niger Delta Revolutionary Crusaders) et autres Militants pour une justice sur les terres vertes du Delta (Niger Delta Greenland Justice Mandate) qui ne sont pas prêts de négocier avec le gouvernement.

9« Dans le delta du Niger, une myriade de groupes armés menace les installations pétrolières », Le Monde.fr avec AFP, Aout 2015.

10Nnamdi O., « New Risks on Nigeria’s Shiite Fault Line », International Crisis Group, Decembre 2015.

11« Nigéria : un rapport pointe la répression d’un mouvement chiite par l’armée », RFI, Juin 2016.

12Moïse Gomis, « Nigeria: le Benue, théâtre des rivalités meurtrières entre paysans et pasteurs », RFI, Juin 2016.

13« Au Nigéria, les villageois s’arment contre les éleveurs peul », Le Monde, Mai 2016.

14Entre 2005 et 2009, plusieurs attaques rebelles soutenues par le soudan ont failli renverser le pouvoir central.

15« Tchad : entre ambitions et fragilités », International Crisis Group, Rapport Afrique N°233, Mars 2016.

16« Libye: le général Khalifa Haftar reçu à Ndjamena par le président Déby », RFI, Septembre 2016.

17« Le « FACT » nouvelle rébellion créée dans le nord du Tchad », AFP, Avril 2016.

18« Tchad: une dizaine de morts dans des affrontements autour d’une mine d’or», AFP, Août 2015 ; « Tchad : quand la ruée vers l’or provoque des tensions intercommunautaires », Jeune Afrique, Août 2014.

19En effet, au lieu de passer par le lac Tchad à bord des grandes pirogues, ces produits transitent désormais par le Niger.

20Nkalwo Joseph Léa, « Comprendre la détermination du Tchad dans la lutte contre Boko Haram », Camer.be, Février 2015.

21« Tchad : entre ambitions et fragilités », Op.cit.

22Pauline Guibbaud, « BokoHaram : Le Nord-Cameroun dans la tourmente ? », GRIP, Eclairage, Juin 2014.

23« L’insécurité dans la partie septentrionale du Cameroun plombe le secteur de l’hôtellerie », Investir au Cameroun, Mai 2014 ; Il importe tout de même de minimiser l’impact négatif du conflit Boko Haram sur l’industrie du tourisme au Cameroun. Car depuis 2012, le nombre de touriste qui se rendre au Cameroun n’a cessé de croître. Lire : « Le Cameroun vise deux millions de touristes en 2015 », Investir Au Cameroun, Août 2014.

24Marc-Antoine Pérouse de Montclos (2015), « Premier bilan de la coalition contre Boko Haram », NOTE n° 259 - Fondation Jean-Jaurès.

25Benjamin Augé, « Le Nigeria : de Goodluck Jonathan à Muhammadu Buhari », Note de l’IFRI, Décembre 2015 ; Marc-Antoine Pérouse de Montclos, « Buhari représente l’immense espoir de lutter enfin efficacement contre Boko Haram », interview dans Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 79 - mai / juin / juillet 2015.

26« Economie : le Nigéria en récession », BBC, Août 2016 ; « Nigéria : le pays perd (temporairement) sa première place d’économie en Afrique », Jeune Afrique, Août 2016.

27Idriss Linge, « La CNUCED présente le bilan des investissements directs étrangers Afrique en 2015 », Agence Ecofin, Juin 2016.

28Le Cameroun d’abord puis le Niger ensuite.

29Michel Luntumbue, Massock Simon, « Afrique centrale : risques et envers de la pax tchadiana », GRIP, Février 2014.

30Cela s’est traduit par l’envoie de ces troupes au Tchad dans les années 1980, au Libéria et en Sierra Leone dans les années 1990 ou au Darfour et au Mali dans les années 2000 et 2010.

31En 1994, il a combattu le Nigeria à propos d’une frontière disputée le long de la péninsule pétrolifère de Bakassi sur la façade Atlantique du pays.

32Vincent Duhem, « Lutte contre Boko Haram : les couacs de la coopération entre le Tchad et le Nigeria », Jeune Afrique, 27 mars 2015.

33A cet effet, trois secteurs ont été définis dont un au Cameroun, celui de Mora, et deux autres en territoire nigérian à savoir Baga et Gambaru.

34Michel Luntumbue (2014), « La CBLT et les défis sécuritaires du Bassin du Lac Tchad », GRIP, Note no14.

35Didier Badjack, « Reponse apportée par l’Etat camerounais », communication présentée à la conférence de la Fondation Friedrich Herbert Stiftung sur « Le Cameroun face au défi du terrorisme », Yaoundé, Juin 2016.

36Mais il faudrait signaler que cette posture a bien évolué dans le temps, en témoigne l’opération Arrow qui a permis à l’armé camerounaise d’intervenir dans le nord du Nigéria pour démanteler certaines poches de résistance et de commandement de Boko Haram.

37Après son élection, il a déplacé le centre de commandement militaire à Maiduguri, limogé et remplacé les principaux chefs de l’armée, poursuivi certains responsables, dont l’ancien conseiller à la sécurité nationale Sambo Dasuki, pour détournement de fond, puis jugés certains officiers pour indiscipline.

38« Boko Haram: le président tchadien Idriss Déby charge Goodluck Jonathan », RFI, Mars 2015.

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