Analysis file Dossier : Des savoirs pour la paix issus de pratiques de paix. Présentation d’un ensemble de publications.

, Paris, 2005

Au-delà du dualisme théorie et pratique ; empirisme et scientisme : comment élaborer des savoirs pour la paix issus de pratiques de paix ?

Les documents ici présentés sont comme des morceaux épars qui, ayant été élaborés sur le terrain, illustrent l’extrême diversité des enjeux de la paix, ainsi que leurs étonnantes convergences.

Keywords: Theories of peace |

La guerre et la paix sont deux réalités sur lesquelles l’homme a toujours souhaité influer. Pour cela, il lui faut à la fois analyser les phénomènes passés, et anticiper l’arrivée de guerres futures.

Certains échafaudent des plans imparables pour canaliser les guerres : déjà Grotius, un juriste Hollandais au début du XVIIème siècle dans son ouvrage « du droit de guerre ou de paix » tente de moraliser les conflits internationaux en échafaudant des principes devant être réunis pour entamer une guerre « Juste ».

D’autres préfèrent élaborer des techniques de paix à partir des expériences de guerres passées : c’est la principale raison d’être des historiens non ralliés à l’École des Annales.

À l’inverse, d’autres considèrent la guerre comme une réalité incontournable et révélatrice : L. Tolstoï, dans son ouvrage « Guerre et Paix », prend l’épopée napoléonienne en Russie comme prétexte pour dresser un tableau réaliste de la société russe. La guerre est alors perçue comme un phénomène mettant à nu les personnages et les caractères, mais le fond de l’ouvrage ne cherche pas à démonter les ressorts de la guerre et de la paix. La guerre fait partie de l’ordre des choses pour Tolstoï, comme le prouve d’ailleurs l’ambiguïté du titre russe de l’ouvrage « Voïna i Mir », Mir signifiant à la fois « paix » et « monde ».

On voit que diverses approches de la guerre et de la paix sont possibles.

Ce dossier est un bon exemple de cette diversité, à la différence que les documents ici présentés ont été choisis selon deux critères :

  • leur objet de réflexion premier concerne le "comment aborder la construction de paix" : ils n’ont pas pour objet l’explication de la guerre ;

  • ils présentent des approches alternatives aux approches classiques pouvant enrichir la réflexion pour une construction de paix efficace dans le monde actuel.

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    Kenjah s’inscrit dans la lignée de Aimé Césaire, de Frantz Fanon et d’Edouard Glissant, qu’il appelle par ailleurs ses maitres penseurs. Lui-même est né à Paris, de parents Martiniquais, et a grandi dans cette société insulaire si particulière au sein des Caraïbes, qui nous invite à repenser l’unité et la centralité à partir de la diversité de l’archipel. La géopolitique particulière des îles, éclatées dans l’océan, est un bon antidote contre la «pensée unique» de l’Etat-nation. Par ailleurs, Kenjah est motivé par l’enjeu d’inventer, de faire émerger (dans le sens où il existe déjà mais qu’il est couvert, peu connu et peu utilisé) le langage nouveau d’une réalité décoloniale qui s’impose sous nos yeux, convergence critique et radicale des «damnés de la terre»… Par ailleurs, il a été un des animateurs de l’Université populaire de la Villeneuve sur la question « Que reste-t-il du passé colonial ? Kenjah : Merci à vous de vous être déplacés. Merci déjà parce que c’est un moment auquel je me suis dédié. C’est un de ces moments où je vais parler d’une personne qui m’est très chère, qui m’est très proche. Et donc je ne le conçois pas du tout ni comme une épreuve, ni comme une conférence, c’est vraiment un moment d’intimité. Je vais vous parler de quelqu’un que j’aime beaucoup personnellement. Et qui a beaucoup compté pour nos pays, nos petits pays, les îles, les archipels. Et aussi pour ceux qui vivent des conditions d’exclusion, de migration, d’exil, d’errance, etc. Ce sont des conditions qu’Edouard Glissant a exploré. Je propose de l’explorer, lui, Edouard Glissant, avec moi ce soir. Je vais vous parler de Glissant à la manière dont je pense qu’il aimerait qu’on parle de lui. C’est-à-dire en tremblant. C’est quelqu’un qui aborde la question du savoir avec ce concept du tremblement, que je vais expliciter un peu plus. Je vais essayer une poétique, c’est-à-dire non pas une technique de discours, ni une expertise, ni quoi que se soit de cet ordre. Je vais essayer d’être vivant, d’être vrai… Et d’aborder des choses par des intuitions et des remontées de souvenir, de mots clefs, de situations clefs.