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Dossier file : L’imaginaire au service de l’éducation à la paix. [Read the dossier]
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DENJEAN Liliane, Grenoble
I- Comment définir l’autorité ?
1-La définition la plus courante décline plusieurs acceptions dont les deux suivantes :
Pouvoir conféré par la loi ou par une position hiérarchique de commander, d’imposer l’obéissance .
L’autorité ( du latin “auctoritas”) requiert la puissance au sens énergétique du terme . Le mot contient aussi l’idée de garantie : aujourd’hui le porteur d’autorité est le garant de l’ordre .
Aptitude à se faire obéir, à imposer la considération, le respect .
Il s’agit donc soit d’une position soit d’une disposition, mais dans les deux cas elle requiert l’obéissance . Il y a un obligateur et un obligé . C’est au premier abord une relation dissymétrique .
“
2- E. Benvéniste ajoute une nuance : “auctoritas” se rapporte à” auctor” et par là à “augeo”, soit la racine” aug” que l’on retrouve dans aug-menter, c’est à dire ajouter quantitativement et qualitativement . L’exercice de l’”auctoritas” peut conduire à la création d’une loi .
3- D’après Littré,si l’autorité est “ce qui autorise” et le pouvoir “ce qui peut”, il y a toujours dans l’autorité une nuance morale qui n’est pas nécessairement impliquée dans le pouvoir .
Une position de pouvoir ne génère pas forcément l’autorité .
II- Les figures de l’autorité
L’autorité est donc une notion complexe à géométrie variable . Les figures en sont d’ailleurs multiples : parents, professeurs, policiers, magistrats, officiers, prêtres, etc... Cette multiplicité des figures illustre la pluralité des sources de l’autorité . Quoi qu’il en soit, exercer l’autorité, c’est moins la posséder que la promettre . Pour que l’autorité puisse être acceptée, il faut que le sujet qui la reconnaît puisse imaginer la revendiquer un jour . Elle fait partie d’un apprentissage .
Cette notion est à distinguer nettement de l’autoritarisme qui est l’exercice du”pouvoir nu” sous le masque de l’autorité légitime . A distinguer aussi de la souveraineté . Pour résumer en termes weberiens : L’AUTORITÉ, C’EST LE POUVOIR PLUS LA LÉGITIMITÉ
III- L’autorité et l’enfant
L’enfant est successivement ou simultanément soumis à diverses formes d’ autorité :
1- L’autorité parentale
C’est l’ensemble des droits et obligations des parents sur leur enfant légitime naturel ou adoptif, jusqu’à sa majorité ou son émancipation :
* devoir de le protéger, de le nourrir, de l’héberger, d’assurer sa garde, sa surveillance et son éducation, de veiller à sa santé, à sa sécurité et à sa moralité...
* droit de lui interdire certaines fréquentations, de choisir sa religion...
En principe elle est exercée conjointement par les deux parents . Le juge peut décider de la confier à un seul parent .
2- L’autorité des enseignants
Elle permet la cohésion du groupe classe et l’instauration des conditions propres à l’apprentissage et à la conquête progressive de l’autonomie de celui qui la reçoit . Elle doit se construire dans un rapport où le jeune acquiert de la confiance envers l’adulte .
La distinction de l’enfant et de l’élève est devenue moins lisible en raison de l’émergence de l’enfant- sujet auquel on doit des explications . Cette reconnaissance change le rapport à l’autorité en le faisant plus démocratique .
3- Les autorités ou l’autorité au sein de la cité, de l’Etat
Parmi les diverses autorités garants de l’ordre ( du chef de l’Etat, administrative, judiciaire, militaire, etc...), nous choisissons de n’évoquer que l’autorité judiciaire et plus particulièrement la justice des mineurs .L’ordonnance du 2 fevrier 1945 en est le texte fondateur . La justice applicable aux mineurs remplit deux missions : elle protège les jeunes en danger et elle juge les mineurs qui commettent des infractions . Elle a pour fonction en priorité d’éduquer plutôt que de sanctionner . La loi a été modifiée le 9 septembre 2002 . Les principales modifications sont les suivantes :
* abaissement de l’âge pour les sanctions judiciaires à 10 ans
* création de centres éducatifs fermés pour mineurs dès l’âge de 13 ans
* création d’un délit d’outrage à enseignant, puni d’une peine de 6 mois de prison et/ou 7500 euros d’amende
IV-L’autorité et la citoyenneté
Pour approcher au plus près cette notion complexe, il faudrait aussi analyser les notions suivantes :
La sanction ( à distinguer de la punition )dans le système éducatif et les mesures et les peines dans le système judiciaire . La sanction doit faire sens . Le porteur d’ autorité ne doit pas confondre l’acte délictueux et son auteur . On sanctionne un acte dans le but de réparer, de responsabiliser, c’est à dire d’apprendre à répondre de ses actes .
Les fondements de la notion d’autorité et sa légitimité .
Fondamentalement, l’autorité s’appuie sur la loi . Elle se fonde sur la crédibilité des porteurs d’autorité . Elle ne se fonde pas sur la violence, mais sur la qualité de la relation .
Les finalités de l’autorité
Pourquoi obéir ?
Les causes de la crise de l’autorité .
Même si pour Guy Hert l’autorité, “ cet ascendant exercé par le détenteur d’un pouvoir quelconque, conduit ceux auxquels elle s’adresse à lui reconnaître une supériorité qui justifie son rôle de commandement”, elle devrait aider celui qui la subit à devenir digne de l’exercer . Cette relation entre l’obligateur et l’obligé qu’on a définie comme dissymétrique possède aussi une dimension qui l’enrichit parce qu’elle est réciproque : le respect .