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Ficha de entrevista

Ficha del dosier : Des témoignages de Paix : entretiens avec les membres de l’Alliance d’Artisans de Paix. [Leer el dosier]

Ficha 5 / 26

  [ficha siguiente >>]Entretien avec M. Cyril MUSILA Ficha de entrevista

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Entretien avec Mme Marie MWIRA

Propos recueillis par Henri Bauer et Nathalie Delcamp (Irenees).


Palabras claves

  • La responsabilidad de las autoridades políticas con respecto a la paz [>]
  • Experiencias compartidas y paz [>]
  • Sensibilización a la paz [>]
  • Educación a la paz en las escuelas [>]
  • Vulgarizacion del derecho [>]
  • Gestión de tensiones inter-étnicas [>]
  • Respeto de los derechos de las mujeres [>]
  • Oponerse a la impunidad [>]
  • Buena gobernanza y paz [>]
  • Seguridad y paz [>]
  • La pobreza, factor de guerra ? [>]
  • Lucha en contra de las desigualdades y por la paz [>]
  • Demobilizar y desarmar a los ex combatientes [>]
  • Trabajar para la democratización del poder [>]
  • Sociedad Civil [>]
  • Mujeres y paz [>]
  • Región de los Grandes Lagos [>]
  • Kivu [>]
  • República Democrática del Congo [>]

MWIRA Marie, Goma, le 27 février 2008

Irenees :

Pourriez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Marie Mwira :

Je travaille dans le mouvement associatif depuis 1992, j’assume la fonction de Secrétaire Permanente au sein du Réseau Femme et Développement en sigle REFED/Nord-Kivu et suis présidente d’une association qui travaille sur les traditions et coutumes au Nord – Kivu ‘’ Genre et Tradition pour le Développement et la Paix, « GTDP » en sigle au Nord – Kivu

Irenees :

Vous travaillez depuis de nombreuses années en RDC et dans la région africaine des Grands Lacs, quels sont, selon vous, les facteurs les plus importants de ce conflit ? La pauvreté ? Les ressources naturelles ? L’ethnicité ? Les intérêts étrangers ?…

Marie Mwira :

Les facteurs les plus importants en RDC et dans la Région Africaine des Grands Lacs se résument dans trois points à savoir :

  • 1. l’identité

  • 2. le pouvoir

  • 3. la terre

C’est un conflit qui se présente sous forme d’un triangle alimenté par des apports internes et externe. Dans les pays de l’Afrique Subsaharienne les peuples s’identifient par rapport aux collines d’origines et pouvoir (coutumier et moderne). La terre étant la seule source des richesses (production des ressources) pour la vie, elle est gardée jalousement par les témoins et Chefs coutumiers. La mauvaise gestion de ces trois éléments (identité, pouvoir et terre) par le colonisateur a entraîné des conséquences dans la région des Grand Lacs africains.

Il s’agit notamment :

  • Des conflits ethniques liés à l’identité (Exclusion sociales). Ici, il y a lieu de signaler que le groupe ethnique sont même arrivés à croire sa sécurité était conditionnée par l’élimination de l’autre.

  • Des conflits fonciers interminables

  • De la discrimination par rapport aux coutumes (identité de la femme).

A cela s’ajoute la convoitise étrangère des ressources naturelles de la RDC. Il est donc sans doute que le climat d’insécurité dans la Région des Grands Lacs est le résultat de la mauvaise gouvernance.

Irenees :

Quels sont selon vous les défis prioritaires pour la paix dans cette région ? Quelles sont les actions que vous mettez en œuvre pour la construction de la paix ?

Marie Mwira :

Les défis prioritaires pour la paix dans cette région :

  • La culture de la bonne gouvernance.

  • Le retour des groupes armés étrangers sur le sol congolais et la démobilisation des groupes armés locaux (les Maï-Maï, les Mongols et autres bandits opportunistes).

  • La satisfaction des besoins fondamentaux des populations.

  • Les conflits fonciers.

  • Les coutumes et traditions qui excluent la femme à la gestion de chose publique.

  • La manipulation de la population par les politiciens à mal de positionnement et en quête de pouvoir.

  • La société civile politisée.

Les actions mises en œuvre pour la construction de la paix. Ces actions sont nombreuses. Les plus importantes sont :

  • Les campagnes de vulgarisation des textes et conventions internationaux sur les droits humains (de l’enfant et de l’homme).

  • L’éducation à la paix et l’éducation civique.

  • Des activités économiques de rapprochement des communautés en conflits (chèvres pacificatrices distribuées à toutes les ethnies avec comme stratégies de suivi les mêmes personnes des différentes ethnies).

  • Des journées de sensibilisation sur la gestion positive des conflits.

  • Des échanges d’expérience.

  • Les tables rondes de dialogue.

  • Le plaidoyer auprès des décideurs, des groupes armés et autres.

Irenees :

Quel est le rôle des femmes dans la construction d’une société plus démocratique, équitable et pacifique dans la région des Grands Lacs?

Marie Mwira :

De manière traditionnelle, les femmes sont contre la guerre, non seulement elle les empêche de mener leurs activités économiques et d’assurer par conséquent la suivie de leur ménage, mais aussi et surtout elle les expose divers dangers dont les importants sont : la perte de la vie humaine et les violences sexuelles faites à leur endroit.

Eduquer une femme c’est éduquer une nation dit-on. Dans la Région Africaine, les femmes ont joué un rôle remarquable dans la construction de la paix par :

  • Le plaidoyer auprès des décideurs, Belligérants et leaders des bandes armées ( en RDC , participation active au Dialogue intercongolais, sensibilisation de Laurent Kunda du CNDP).

Ce plaidoyer est suivi des différentes déclarations et mémo sur la mauvaise gouvernance et l’impunité.

En RDC, elles sont arrivées à influencer à l’adoption de la loi sur les viols et violences sexuelles en RDC.

Au Rwanda comme en RDC, la modification et l’adoption du code de la famille bien que cela n’est pas appliqué maintenant en RDC.

Elles jouent beaucoup leur rôle à travers les organisations comme :

COCAFEM (Grands Lac qui regroupent plusieurs associations féminines du Rwanda, de Burundi et de la RDC) avec comme mission, la construction de la paix dans la région des grands – lacs.

En RDC, nous avons le CONAFED avec l’approche genre comme axe tranversal pour la Paix en RDC.

Des activités économiques et de développement sont menées dans le but de rapprochement des communautés et des peuples dans la région.

Dernièrement elles ont contribué à l’organisation d’une conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Sud et au Nord – Kivu qui a aboutit à un Acte d’Engagement des différents groupes opérant à l’Est de la RDC (voir annexe).

Comme vous pouvez donc le constater, les femmes apparaissent comme des personnes qui doivent subir les décisions dont elles ignorent l’origine. Pourtant elles ont une expérience, une compétence et des perspectives originales à mettre au service de la paix, entre les individus, les ménages et entre les nations.

Le rôle qui est le leur dans la création et la présentation de la vie, les a dotées des aptitudes pratiques et psychologiques indispensables à des relations humaines pacifiques et au développement social.

Elles insufflent une inspiration neuve à un effort concerté pour passer de la culture de la guerre à une culture de la paix. Malheureusement peu d’entre elles savent aussi ce qu’elles valent et sont aveuglées par les traditions et coutumes rétrogrades qui constituent un frein à leur épanouissement et les empêchent à jouer pleinement leur rôle à tous les niveaux (cas des élections en RDC). Comme nous l’avons dit encore dans notre texte présenté à la première rencontre, le combat de la femme pour plus de justice et plus d’équité est une œuvre de longue haleine à laquelle son partenaire (l’homme) doit apporter une contribution significative afin de poser des bases réelles pour la Paix et le développement durable dans la Région des Grands Lacs.

La houe et la vache, doivent entrer en dialogue c’est-à-dire l’agriculteur et l’éleveur.

L’arme changée en semence, produits sanitaires, logement et habitation saine, l’éducation, … pour le développement protégerait la population.

Irenees :

Quelles sont les difficultés principales que vous rencontrez pour la réalisation de votre travail ?

Marie Mwira :

Elles sont énormes à la fois internes et externes et varient selon les milieux.

  • Internes :

    • Les conflits éthiques et conflits fonciers

    • La présence des bandes armées étrangère et locale

    • L’insécurité persistante (suivi des viols et violences), déplacés internes suivi des conséquences humanitaires (803.500 à l’Est).

    • La pauvreté et l’analphabétisme élevé des femmes

    • La sous information

    • Le recrutement des mineurs dans les bandes armées

    • L’impunité et la justice non équitable

  • Externes :

    • Les bandes armées étrangères sur le sol congolais

    • Une diplomatie fragile et non sincère

    • La circulation et détenu des armées par les civils

    • Le non respect des différents accords (celui de Goma en particulier) ;

    • Le manque de confiance à la Communauté Internationale sur place par la MONUC.

Irenees :

Quelles ont été les raisons décisives de votre engagement pour la paix ?

Marie Mwira :

Notre engagement est parti d’une expérience de vie personnelle au sein de ma famille élargie d’abord (Grand-père polygame et mon Père monogame) ; une rencontre de deux visions en duel.

Notre observation alimentée plus loin par des attitudes et comportements de certains leaders locaux, des dissidents, politiciens et les femmes passives et consommatrices des faits.

Notre engagement pour la paix, c’est pour nous un devoir et nous vivons cet engagement comme une vocation.

Irenees :

Qu’est-ce que la paix pour vous ?

Marie Mwira :

  • 1. Une justice équitable, sans discrimination

  • 2. c’est la bonne gouvernance à tous les niveaux (ménage, environnement et institutions publiques et privées, la cohabitation pacifique des populations

  • 3. satisfaction des besoins fondamentaux, l’accès facile aux services de base et le partage équitable du revenu national.

  • 4. l’absence des bandes armées et la sécurité des biens et des personnes

  • 5. la participation active de la femme à la gestion de la chose publique

  • 6. une diplomatie et relations externes sincères entre les pays : Nord – Sud et ceux du Sud – Sud.

La paix est une nécessité dans la Région des Grands Lacs, les conflits devront interpeller chacun de nous sur la planète qui est devenue finalement un village entre nos mains.

 

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