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Ficha de experiencia

Ficha del dosier : Liban, Ex-Yougoslavie : les conflits identitaires et le rôle des tiers dans la construction de la paix [Leer el dosier]

Ficha 7 / 29

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Engager ou re-engager les acteurs locaux, une priorité pour la paix après un conflit identitaire

L’un des points les plus frappant, quand on observe un après-guerre comme celui du Liban ou ceux de l’Ex-Yougoslavie, c’est le sentiment d’impuissance des populations face à leur situation. Pourtant, pour construire une paix viable, réengager les acteurs locaux semble indispensable.


Palabras claves

  • Elaboración y utilización de lo simbólico [>]
  • Diálogo social para construir la paz [>]
  • La democracía, factor de paz [>]
  • Acciones de cooperación política local para la paz [>]
  • Iniciativas de cooperación política internacional para la paz [>]
  • Reformar las relaciones políticas para reconstruir la paz [>]
  • Reconstruir una sociedad [>]
  • organización política local [>]
  • Líbano [>]
  • Ex Yugoslavia [>]

OLLAGNON Matthieu

L’un des points les plus frappant, quand on observe un après-guerre comme celui du Liban ou ceux de l’Ex-Yougoslavie, c’est le sentiment d’impuissance des populations face à leur situation. Pourtant, pour construire une paix viable et éviter la mise sous perfusion des pays sortant d’une guerre, réengager les acteurs locaux semble indispensable et, plus encore, le meilleur calcul envisageable.

Il semble bien, en effet, que ce qui fait particulièrement défaut est l’implication des acteurs locaux, et en particulier des populations civiles, dans l’élaboration de la paix. Plusieurs points en effet, corroborent cette hypothèse :

  • Même si la guerre peut avoir été soutenue par les populations, c’est, entre autres, par des milices formant des systèmes autonomes et non-démocratiques que celle ci a été entretenue. On a assisté, de ce fait, à une désappropriation des populations de leur propre histoire et de la gestion de leurs territoires. Le système milicien ne connaît pas les élections et sa conception du bien commun est toute relative, de plus la définition même de ce bien commun semble généralement avant tout être un compromis entre des intérêts particuliers et des idéologies.

  • Que cela soit au Liban, au Kosovo ou en Bosnie, le conflit à éclaté dans des pays où une grande partie de la population n’étaient pas engagée antérieurement dans la gestion du pays. En Ex-Yougoslavie, le régime était antérieurement communiste, c’est à dire qu’il était avant tout un système de gestion par l’élite du parti. De même, au Liban, toute une catégorie de population, avant guerre, était écartée de la gestion des affaires publiques. C’est le cas, par exemple, d’une grande partie des ruraux chiites, qui vivaient encadrés par un système féodal non-dit et dont les intérêts étaient peu représentés au niveau national.

  • Un certain nombre d’acteurs peuvent très bien s’accommoder du conflit ou de « l’après-guerre » avec ce qu’il a de chaotique (mafias, milices, Etats étrangers, …). Ce sont les populations qui ont le plus intérêt au passage de l’état d’après-guerre à celui de paix.

  • Il existe, certes, sur place des acteurs qui ont intérêt à la poursuite de la guerre ou à la continuation de l’anarchie d’après-guerre, ou qui poursuivent des logiques politisées risquant d’amener à un retour de la violence. Les populations ne peuvent se dresser contre elles durant la période du conflit, autant pour des raisons de sécurité que de légitimité (Un kosovar se dressant contre la politique de l’UCK au plus fort de la crise auraient, de fait, servi la cause serbe ou semblé la servir, par exemple).

    Le retour à une sécurité minimale, permet de faire sauter en partie cette objection. Ces acteurs, en effet, sont étroitement dépendants du tissu social qui les nourrit : désarmée par les forces internationales, les milices, par exemple, ont besoin de relais au sein de la population pour renaître. Au fait que ce sont les populations qui ont le plus intérêt à la paix se rajoute donc le fait qu’elles peuvent contribuer à couper l’herbe sous le pied des milices.

  • De plus, toutes les tentatives internationales de ramener la paix par la force ne semblent donner à long terme aucun résultat si elles ne sont relayées par une véritable implication locale et une résolution du conflit. Les forces internationales peuvent être les pompiers, elles ne peuvent empêcher de jouer avec des allumettes.

A la fois victimes et actrices de la violence, les populations civiles ne peuvent rien faire durant la guerre, et les tirs sur les « marches pour la paix » de Sarajevo et Beyrouth sont là pour le rappeler. Néanmoins, la situation d’après-guerre est très différente, ne serait-ce que sur le plan sécuritaire, et parce qu’elle permet la communication et les déplacement. Il s’agirait donc du moment idéal pour agir et, pour les populations, de « reprendre la main ».

L’intérêt de cette reprise en main de leur propre société par les populations est multiple : au système de milice, qui défend ses propres intérêts et idéologies, elle oppose la notion de bien commun. A la gestion des conflits par la violence, elle oppose la gestion démocratique et pacifique et, surtout, en permettant l’expression immédiate des problèmes, elle évite l’accumulation des rancœurs et leur dérivation vers des aventures militaires ou terroristes.

Pour clore cette fiche, une question mérite d’être soulevée : réengager les acteurs locaux, oui, mais qui opère ce réengagement ? Il n’est malheureusement pas possible de répondre à cette question, du moins dans l’absolu : les forces susceptibles de catalyser un changement ne peuvent être identifiées que sur le terrain, en fonction d’équilibres particuliers. Ce qui peut être mené par une force internationale dans un conflit précis, par exemple en Bosnie, peut ne pas être possible dans un autre contexte (comme au Liban, ou les casques bleus ne peuvent que compter les coups).

ComComentario :

Ce réengagement n’est pourtant pas aussi important que l’on pourrait l’espérer, et que l’espéraient même les populations pendant la guerre. Plusieurs raisons président à cela : raisons extérieures

(Pression syrienne au Liban, tension en RFY, raisons économiques, …) et internes (désappropriation de la gestion publique, quadrillage par les milices et leurs structures affiliées).

L’on peut supposer aussi que ces populations sont empêtrées dans un système complexe, à la fois externe, interne et psychique qui bloquent leur action. Réengager ces acteurs locaux, recréer une société civile solide, semble pourtant être une voie indispensable permettant l’avènement d’une paix durable. De plus, une société civile forte ne peut-être possible que dans un cadre démocratique, ce qui amène à penser qu’effectivement, celle-ci est indispensable à un apaisement sur le long terme.

 

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