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Fiche de défi

  • Fiche du dossier : Equipes de Paix dans les Balkans : les processus de réconciliation au Kosovo [Lire le dossier]
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Des pistes de travail pour favoriser la réconciliation

Ce texte présente le questionnement, sur plusieurs points d’une volontaire EpB présente à Mitrovica en 2004-2005.


Mots-clés

  • Espaces de partage et de transfert d’expériences pour la paix [>]
  • Résolution non violente des conflits [>]
  • Travailler la compréhension des conflits [>]
  • Echanges entre des acteurs de paix [>]
  • Gestion de tensions inter-ethniques [>]
  • Equipes de Paix dans les Balkans [>]
  • Les Balkans [>]
  • Kosovo [>]

IRNC, Kosovo, 2005

Une question est posée : Comment mettre en place de nouveaux outils qui permettent la réconciliation, à partir du constat suivant ?

Dans une situation de post-conflit, les communautés, opposées durant la guerre, se méfient les unes des autres et ignorent les réalités que vivent chacune d’elles. « Equipes de Paix dans les Balkans » propose alors d’explorer les espaces de la vie quotidienne qu’elle nomme « les possibles » et qui permettraient de dépasser cette peur, cette méfiance des uns vis-à-vis des autres.

Une première étape serait de faire connaître ces initiatives. La réaction de certains de ses interlocuteurs renforce cette idée.

La volontaire de paix à l’origine de cette idée a été formée à l’Intervention civile de Paix. C’est la raison pour laquelle elle interroge tous ceux et celles qui croient en cette nouvelle forme d’intervention, alternative à la violence armée.

En outre, la volontaire de paix, rapidement, brosse le rôle du volontaire international, qui, de par ce statut, peut aussi susciter des espaces de re-connaissance pour les communautés avec lesquelles il vit.

« Peu de temps après, en m’interrogeant à propos de ce « Train de tous » sous l’angle du travail - comment utiliser ces « possibles » comme outil de travail ? -, je me demande comment faire connaître ce mode de communication « multiethnique ». Il me semble qu’une première piste serait de les faire connaître. J’ai donc parlé de ce train à une jeune Kosovare albanaise pour lui demander si elle connaissait ce train. Elle m’a répondu ne jamais l’avoir pris. Je lui ai alors raconté mon périple mais elle ne m’a pas crue. Elle n’arrivait pas à croire possible que des Kosovars serbes et albanais puissent ainsi circuler dans un même train dans les alentours de Mitrovica ! Sa réaction m’a confortée dans l’idée de l’importance de faire de la publicité pour ce train, et pour tous ces espaces de mixité, d’autant plus que cette nouvelle l’a remplie de bonheur et l’a même fait rêver : pourquoi ne pas imaginer un bus qui ferait le tour de Mitrovica, ferait un grand tour du Nord au Sud ? Selon elle, des voyageurs seraient candidats ! Il me semble, au regard de cette discussion, qu’en montrant des possibles, on ouvre encore d’autres horizons du possible… »

Comment l’Intervention Civile de Paix peut-elle travailler ces possibles ? Faut-il les transformer en outils de travail ? Et comment transformer en outil de travail des expériences effectives de mixité ? Peut-on généraliser des possibles jusque là circonstanciés et localisés ? Peut-on construire des objets de travail à partir de possibles qui existent de manière marginale ? Comment en faire des outils d’ouverture et de changement ? Par quelle méthode de travail ?

Durant la formation à l’Intervention Civile de Paix nous avons travaillé l’écoute des ressentis, et expérimenté des modes de gestion des émotions et notamment des peurs. Cette « réception » des émotions constitue de fait une partie intégrante de notre travail. Le fait d’être “International”, et manifestement non-partisan en faveur de l’une ou l’autre partie en conflit, est un statut qui ouvre beaucoup de possibilités. Cette dimension est un outil de travail pour l’Intervention Civile de Paix : il permet certaines démarches et est bien souvent facilitateur.

 

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