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Fiche de document Dossier : Les Cahiers de Modop n°3

Claire REVOL, France, septembre 2017

Le Droit à la ville

Quelques éclairages sur le texte et l’auteur

Réf. : Henri Lefebvre, Le droit à la ville, Paris, Éditions Anthropos, 1968

Langues : français

Type de document :  Ouvrage

Lorsque Lefebvre publie Le Droit à la ville en 1967, il est professeur de sociologie à Nanterre, qu’il faut alors rejoindre en train en traversant des quartiers en construction et quelques bidonvilles. Lefebvre développe une sociologie critique radicale sur l’urbain depuis le début des années 1960 et sa première nomination comme professeur à l’Université de Strasbourg en 1962. Lefebvre (1901-1991) a déjà alors plus de 60 ans, sa carrière universitaire comme sociologue s’est faite sur le tard et n’a été qu’une étape dans un itinéraire intellectuel non linéaire. LefebvreIl a écrit de nombreux ouvrages (plus de 60) dans sa longue vie, allant de la philosophie à la sociologie et à l’anthropologie, pour couvrir un champ qu’il décrit comme la « métaphilosophie » (Lefebvre, 1965), une philosophie qui prendrait comme point de départ et comme fin la pratique sociale.

Lefebvre indique que Le droit à la ville est écrit en l’honneur du centenaire du Capital de Marx, mais il faut préciser dans quelle mesure le livre se place dans la perspective de la lutte politique pour l’émancipation et de la contestation des rapports de domination. En effet, à l’époque de l’écriture du Droit à la ville, Lefebvre n’est plus marxiste, membre du Parti Communiste Français. Il a pourtant été affilié à cette organisation pendant 30 ans, jusqu’en 1958. Son départ à la suite d’une suspension décidée par le Parti Communiste français pour la diffusion du rapport Khrouchtchev sur les crimes de Staline (d’abord jugé faux par les instances du Parti) n’est que la suite d’une longue tentative de transformation de l’intérieur d’un parti encore stalinien. Dans les années 1930, il produit une critique du nazisme à partir de l’idée de mystification de la conscience qu’il trouve dans les écrits de Hegel et reconnaît en Nietzsche un penseur allié dans la découverte de l’homme Total qu’il estime être la fin de la révolution. Lefebvre, qui dans son autobiographie La Somme et le Reste (Lefebvre, 1959) se félicite d’avoir quitté le Parti « par la gauche » n’a cessé de contester les doctrines d’économie politique les plus prégnantes en développant une lecture de Marx plus humaniste - la révolution n’ayant de sens que si elle transforme la vie de l’homme - et plus libertaire, fondée sur les textes du jeune Marx, qui irrigue le romantisme révolutionnaire qu’il appelle de ses vœux dans un texte de 1957 (Lefebvre, 2011). Lefebvre se définit par la suite comme marxien, c’est-à-dire comme quelqu’un qui prend les textes de Marx comme une ressource fondamentale pour penser la modernité. Il s’agit pour lui de prolonger la pensée de Marx dans un projet de critique de l’homme et du monde moderne. Lefebvre veut penser les réalités qui lui sont contemporaines : l’émergence de l’urbain, la cybernétique, le mouvement de libération des femmes, la vie quotidienne dans tous ses aspects, les droits à la différence… La sociologie critique devient alors ce terrain d’exploration du monde moderne et de ses contradictions, et Lefebvre identifie l’urbanisation comme l’un de ses ressorts fondamentaux.

Nous relisons aujourd’hui le Droit à la ville alors que des commémorations sont organisées pour les 100 ans de la Révolution Russe, événement fondamental pour les penseurs de toute une époque, mais dont l’aboutissement dans un régime dictatorial et répressif a jeté des doutes sur l’idée même de révolution comme prise du pouvoir politique par une classe. Une génération après la chute de l’URSS, et alors que le néolibéralisme mis en place dans les années 1980 apporte de nombreuses désillusions sur l’avenir de ce qu’on appelle encore le progressisme, il semble important de clarifier les idées révolutionnaires portées par le Droit à la ville. En quoi cet ouvrage peut-il encore nourrir la pensée militante, les contestations et les luttes, et quels types d’actions permet-il d’envisager ? Cela suppose de resituer l’ouvrage dans ses contextes intellectuels et militants.

Le droit à la ville et la sociologie critique de l’urbain

Il faut d’abord inscrire Le Droit à la Ville dans la sociologie critique de l’urbain développée par Lefebvre au tournant des années 1960. Celle-ci se développe dans le contexte de la rupture avec le Parti Communiste, mais aussi dans celui de l’institutionnalisation d’une sociologie urbaine plus contestataire que la géographie qui s’était faite le relais des institutions gouvernementales comme la DATAR dans l’étude des villes et de leurs transformations. Lefebvre fait partie de ce qu’Éric Le Breton appelle la sociologie urbaine critique française (Le Breton 2012). La sociologie critique s’est développée après la seconde guerre mondiale autour du Centre d’Études Sociologiques en rupture avec l’héritage de la sociologie du début du siècle monopolisée par la figure de Durkheim, et avec l’influence d’auteurs comme Marx, Freud ou Heidegger. Elle se présente alors comme la science humaine directrice des Trente Glorieuses. La nouvelle génération de sociologues cherche à comprendre les bouleversements de la société dans laquelle ils vivent et les mécanismes qui la structurent par des études empiriques. La sociologie apparaît alors comme un sas de décompression et le lieu possible des interrogations sur la société moderne pour de nombreux penseurs marxistes.

Dans ce paysage, la sociologie urbaine de Lefebvre est très spécifique, ne serait-ce parce qu’il a d’abord été un sociologue rural dans les années 1950, cherchant des alternatives à la collectivisation soviétique par l’étude des sociétés rurales, de leurs productions et de leurs modes de vie. À travers le choc qu’a constitué pour lui l’éclosion de la ville nouvelle de Mourrenx liée à l’exploitation du gaz naturel de Lacq dans les Pyrénées, proche de son village d’enfance, Lefebvre perçoit l’importance du phénomène d’urbanisation qui transforme les villes dans les années 1960 et les fait exploser spatialement et socialement. Il produit alors une œuvre très spécifique qui ne pas fait école parmi les universitaires des années 1960, mais devient une référence incontournable pour les architectes et les urbanistes à l’époque où les écoles d’architecture se séparent des écoles des beaux-arts (séparation effectuée par André Malraux en 1968) et qui joueront un grand rôle dans sa transmission à une génération de praticiens, urbanistes et aménageurs. Le droit à la ville est le premier de la série d’ouvrages que Lefebvre consacre à l’urbain, avec Du rural à l’urbain (Lefebvre, 1970a), La révolution urbaine (Lefebvre, 1970b), La pensée marxiste et la ville (Lefebvre 1972), Espace et politique (1973), La production de l’espace (Lefebvre, 1974).

Le droit à la ville développe déjà certaines thèses propres à la sociologie urbaine lefebvrienne qui sont complétées par les ouvrages postérieurs et ici exposées schématiquement : l’urbanisation ne signifie pas seulement à l’accroissement de la taille des villes, mais un changement plus radical de société, le passage d’une société agraire et industrielle à une société urbaine qui transforme de manière radicale les modes d’habiter de l’être humain. Lefebvre comprend l’importance de l’étude du cadre de vie au-delà de la seule vie quotidienne, car celui-ci est la forme que la société se donne à elle-même dans la production de son « habiter », et il est impossible de comprendre une société sans comprendre le rapport symbiotique qu’elle tisse avec son cadre de vie. Le passage de la société rurale à la société urbaine nécessite donc de comprendre comment l’espace urbain est produit par la société.

Une deuxième ligne directrice de cette sociologie urbaine est donc la critique des pratiques urbanistiques au cœur de la « fabrique » urbaine. Le droit à la ville s’ouvre sur la description de l’explosion-implosion de la ville ancienne consécutive à l’industrialisation et l’émergence de la société urbaine. Les villes, formes très anciennes dans de nombreuses civilisations, se disloquent et se voient appliquer les programmes de l’urbanisme moderne, marqué par les doctrines fonctionnalistes, au tournant des années 1960. Lefebvre critique l’urbanisme moderne comme étant idéologique, se présentant comme neutre et appuyé sur des sciences de l’espace, mais qui est en fait un instrument politique. L’espace est façonné à partir d’éléments historiques et naturels mais il est politique, il n’est pas un neutre et homogène, comme le plan ou le schéma de l’urbaniste peut le présenter, mais il est un produit social. La sociologie de Lefebvre pense l’espace comme un produit social et montre qu’il subit un processus d’abstraction qui le rend homogène, qui le fragmente et le hiérarchise, le rendant propre à son instrumentalisation productive.

Enfin la troisième ligne directrice de la sociologie lefebvrienne porte précisément sur ces processus de production de l’espace, qui le distingue le plus fortement d’autres sociologues marxistes, notamment Manuel Castells (1972). Dans la théorie marxiste, les classes sociales étaient définies par rapport à la position dans le rapport de production entre capital et travail dans la société industrielle. Le phénomène d’urbanisation moderne fait éclater ce cadre d’analyse. Il introduit l’espace et la production de l’espace au cœur même de la production des rapports sociaux, et de la reproduction des rapports de production, car il a une valeur d’échange de plus en plus importante. C’est l’espace, et son inertie, qui permet selon Lefebvre d’expliquer la survie du capitalisme et l’attente toujours renouvelée de crise finale. Les luttes urbaines sont donc des luttes stratégiques dans la lutte contre le capitalisme.

Lefebvre analyse donc l’espace comme le cœur des rapports de pouvoirs politiques qui sont aussi des rapports de classe et des rapports sociaux : avec le processus d’urbanisation, l’espace des villes est soumis à des stratégies de classes qui produisent une ségrégation de l’espace urbain et détériorent l’idée de ville comme espace partagé en commun, ainsi que la centralité qui est la forme sociale de la ville, celle du rassemblement, de la coexistence. Lefebvre montre que la ville comme espace lié à des usages et à une vie urbaine, a été dans son histoire l’œuvre de sociétés plutôt qu’un simple produit, avec une valeur d’usage plutôt qu’une valeur d’échange. L’idée d’une transformation de la pratique sociale dans son rapport à l’espace est donc au cœur des revendications de la sociologie lefebvrienne, dont le droit à la ville fait partie. L’analyse de la pratique sociale par sa sociologie n’est pas découplée de la pensée de sa transformation et des autres possibles pour la société. Sa pensée des alternatives, des utopies, est indissociable de la critique de l’aliénation et des ségrégations urbaines.

Revendications démocratiques à l’âge de la société urbaine

Le succès de l’essai Le droit à la ville (dont le titre a été trouvé par celle qui fut un temps l’épouse d’Henri Lefebvre, Nicole Beaurain) tient en partie au contexte du mouvement de mai 1968 dont on peut penser qu’il porte la revendication démocratique à l’âge de la société urbaine. Comme tout slogan, le droit à la ville a un contenu difficilement objectivable, et le terme de « droit » exprime une revendication générale davantage qu’une codification juridique précise. Pour qu’il prenne sens, il faut le replacer dans l’action de l’avènement d’une société urbaine qui puisse permettre à l’homme de se réapproprier à lui-même, dans sa vie sociale et dans son cadre de vie, au-delà du seul travail. On peut s’étonner que Lefebvre conserve le terme de ville alors qu’il pense dans un même mouvement son dépassement dans l’urbain et appelle à une vie urbaine renouvelée. Cependant le terme de « ville » est toujours évocateur de la démocratie car il mobilise l’imaginaire de la Cité antique. Le droit à la ville est empreint du romantisme de Lefebvre. Le concept romantique révolutionnaire de la ville comme œuvre qui fait l’objet d’un chapitre (dont les modèles appartiennent au passé – Venise, Grenade) est mobilisé pour comprendre la situation présente de la ville. L’avènement de la société urbaine transformerait les imaginaires et les cadres de pensée en accord avec une pratique sociale renouvelée, mais elle se distingue d’abord de la société industrielle en faisant appel à des images du passé.

Le droit à la ville n’est pas un concept sociologique qui permet l’observation de la réalité sociale mais une tentative de saisie de la situation pratique et politique à partir d’un diagnostic. Dans un débat portant le titre « L’urbanisme d’aujourd’hui : mythes et réalités », voici comment Lefebvre définit le rôle du sociologue urbain : « Le sociologue de la ville, d’une part, creuse, approfondit scientifiquement le concept de la ville et d’autre part, libère l’imagination, et se lance délibérément dans l’utopie pour construire l’image de la ville possible, des villes possibles. Le travail conceptuel et scientifique va avec la libération de l’imaginaire » (Lefebvre, 1970a). Pour Lefebvre, l’émergence de la société urbaine est aussi l’occasion de faire émerger une autre société par la révolution urbaine.

Quelles sont donc les types de revendications démocratiques qui peuvent être portées à l’âge de la société urbaine ? En suivant le principe de lecture ci-dessus, différentes appropriations par des penseurs contemporains peuvent permettre de tracer les contours des différentes revendications pour le droit à la ville qui sont souvent interreliées (Revol, 2014). D’une part, il n’y a pas de droit à la ville sans une lutte contre l’exclusion et contre les ségrégations socio-spatiales. C’est dans ce sens que le droit à la ville peut être associé à toutes les luttes sur l’accès à la centralité, à l’espace public et à la justice spatiale (Soja, 2009). D’autre part, cette réflexion sur la justice spatiale ne peut être séparée de celle sur la citoyenneté et la participation politique du citadin à la vie urbaine. La citoyenneté moderne qui s’est construite à l’échelle de l’État-Nation avec les droits politiques et les droits sociaux doit se reconstruire dans un monde urbain, à l’échelle de régions urbaines, pour englober les lieux qui participent à l’habiter des citadins dans un monde en mouvement (Isin, 2000). Les formes de cette citoyenneté urbaine qui se distinguent de la démocratie représentative sont encore en gestation et les expériences de démocratie participative dans l’aménagement sont très souvent contestables (Lefebvre fustigeait déjà une démocratie participative qui n’aurait d’autre but que d’obtenir le consentement de la population à des projets). Cela suppose de repenser la démocratie locale par la participation des habitants et instaurer une démocratie de l’habiter (Purcell, 2002) qui ne se limite pas à la démocratie de résidence ou démocratie du sommeil. Enfin, le droit à la ville recouvre des luttes pour l’appropriation collective d’espaces et leur transformation, ce qui rejoint l’idée d’un droit à l’habiter comme œuvre. Ces luttes territoriales ne sont pas des marquages territoriaux de différents groupes sociaux et ethniques dans l’espace (le piège du localisme décrit par Marianne Morange, texte de ce dossier) mais une lutte pour la valeur sociale de l’œuvre urbaine. Depuis le départ, Lefebvre pense la révolution comme le changement dans la vie, qui était le motif principal de sa critique de la vie quotidienne. Créer sa vie comme une œuvre, et créer la ville et le style de vie que l’on y vit comme une œuvre collective, est une idée centrale du droit à la ville, qu’il élabore et partage avec l’Internationale Situationniste et Guy Debord.

La lecture lefebvrienne de l’histoire de la Commune de Paris permet de comprendre l’interrelation de ces différents aspects présents dans le droit à la ville. Dans La proclamation de la Commune (Lefebvre,1965), Lefebvre analyse la Commune comme la réappropriation du centre de Paris par les classes populaires, chassées par les travaux d’Haussmann durant le Second Empire. Haussmann construisit de nombreuses avenues par le percement de trouées dans les anciens quartiers populaires, combinant motifs hygiénistes et spéculations immobilières. Lefebvre fait de la Commune la première révolte urbaine contemporaine. Il ne s’agissait pas seulement d’une lutte contre l’exclusion, mais d’une réappropriation plus générale de la ville par l’autogestion. De manière plus originale, Lefebvre montre que cette réappropriation du cœur de la ville était une grande Fête. A l’aide d’archives, il montre que la lutte pour laquelle beaucoup payèrent de leur vie était accompagnée d’un bouillonnement créatif pour réinventer des styles de vie et des relations entre êtres humains, hommes et femmes, avec l’environnement et le monde paysan. Kristin Ross (2015) montre l’influence des milieux artistiques dans la Commune et reprend l’expression du « luxe communal » pour parler de la manière dont la Commune s’est constituée comme un laboratoire d’un monde nouveau.

C’est cette lecture de la Commune, qui se voulait déjà une prospective pour la métamorphose de la société urbaine, qui forme la matrice des idées du droit à la ville. Lefebvre analyse la Commune comme la première tentative de révolution urbaine, c’est-à-dire de révolution pour faire advenir la société urbaine. L’échec de la Commune signe le premier échec de la démocratie à l’âge urbain, que la revendication du droit à la ville doit ranimer. C’est sans doute cette thèse qui a permis de mettre en résonance Le droit à la ville et les rassemblements de mai 1968 et leur mélange de révolte et de fête. Mais c’est ce qui permet aussi de prolonger cette histoire dans des revendications contemporaines.

Désillusions ?

Rétrospectivement, le droit à la ville peut apparaître comme un essai qui fournit des pistes destinées à la transformation de la ville : lutte contre les ségrégations et accès à la centralité, démocratie participative, place de l’art dans l’espace public, place de la nature dans le cadre de vie, urbanisme temporaire, festif, sensoriel… Les thèses de Lefebvre pourraient paraître comme intégrées dans le paradigme dominant actuel tant la génération d’urbanistes qu’il a formés ont tenté de le mettre en pratique, notamment à travers la politique de la ville (voir la critique de Dikeç, 2002) et la démocratie participative. Mais de fait, Magali Fricaudet (texte dans ce dossier) montre combien son intégration dans les politiques publiques ne va pas sans problèmes quant à son contenu politique et sa traduction réglementaire, tant les villes sont devenues les centres du pouvoir économique et politique en ce début du 21ème siècle. Les politiques publiques ne changent pas cette donne géopolitique de la production de l’espace, même si elles peuvent aboutir à des régulations soumises à la démocratie représentative. Le droit à la ville reste révolutionnaire.

La redéfinition actuelle des pouvoirs locaux dans les métropoles, en France, va de paire avec des contestations contre des projets d’aménagement qui visent à établir la place de ces métropoles dans les réseaux globaux de la compétitivité, avec les modèles de croissance non soutenables qu’ils supposent. C’est sans doute pour cette raison que les luttes contre ce que les réseaux militants appellent les Grands Projets Inutiles Imposés sont aujourd’hui au centre des revendications pour la démocratie urbaine au sein de métropoles dont les périmètres sont aujourd’hui élargis. Ces luttes, si elles ne s’inspirent pas forcément de manière immédiate d’Henri Lefebvre, traduisent en acte l’idée d’une citoyenneté de l’habiter développée par Lefebvre (sur la Zone A Défendre de Notre Dame des Landes, voir Frédéric Barbe, 2016, et Jade Lindgaard, 2017).

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