Fiche d’expérience Dossier : Du désarmement à la sécurité collective

, Grenoble, France, septembre 1996

Un groupe s’organise dans le Massachusetts : le Massachusetts Working Group on Economic Conversion

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Shelagh Foreman travaille pour un organisme, Peace Action, dont le siège, à Cambridge, est proche de l’université Harvard. Depuis près d’une dizaine d’années, Shelagh suit de près l’évolution de la reconversion des industries d’armement, particulièrement dans l’État du Massachusetts où de nombreuses entreprises « high tech » jalonnant la célèbre route 128 - équivalent pour l’est américain du Silicon Valley californien - travaillent directement avec le Pentagone.

C’est lors des transformations géopolitiques de la fin de la décennie 80 que le processus de reconversion des industries d’armement s’amorce dans le Massachusetts. Les organismes comme Peace Action, avec d’autres, décident de s’organiser afin qu’un effort soit entrepris au niveau de l’État pour encourager et faciliter la reconversion des industries d’armement du Massachusetts.

Dès le départ, la stratégie adoptée par ces activistes vise à améliorer la législation du Massachusetts dans le domaine de la conversion pour que l’État vienne en aide aux industries en phase de reconversion. Le gouverneur du Massachusetts est alors un certain Michael Dukakis, candidat démocrate à la présidence des États-Unis - qui devra finalement céder la maison blanche à George Bush (1988). Dukakis est favorable à la reconversion des industries d’armement.

Un projet de loi sur la conversion est rédigé. Après être passé par les différentes phases du processus législatif, le projet de loi est signé, in extremis, par Dukakis, juste avant qu’il ne cède sa place de gouverneur au républicain Bill Weld (1990). C’est à ce moment que naît officiellement le Massachusetts Working Group on Economic Conversion, qui compte une quarantaine de membres venus de divers horizons : politique, industrie, universités, syndicats.

Mais, les activistes doivent rapidement constater que le nouveau gouverneur n’entend pas appliquer les mesures contenues dans la loi sur la reconversion. Au contraire, Weld rassemble une « task-force » réunissant une vingtaine d’industriels travaillant dans le domaine de l’armement. Plutôt que de se reconvertir, les industriels préfèrent exporter leurs produits. Weld va les aider. Entre Weld et les industriels de l’armement d’un coté, et les activistes de l’autre, la tension monte et le dialogue est vite rompu.

Depuis cette période, le Massachusetts Working group continue son combat sans baisser les bras. Le groupe organise des conférences et participe à des tables rondes. Le nombre de membres s’est réduit sensiblement ces dernières années mais il persiste en attendant le résultat des élections présidentielles de 1996 qui, peut-être, feront renaître l’espoir.

Shelagh Foreman, bien que déçue par la tournure qu’ont pu prendre certains événements n’abandonne pas la partie. Elle demeure confiante, notamment en ce qui concerne l’action des syndicats, une des clefs, selon elle, de la réussite de la conversion. L’objectif principal des membres du Massachusetts Working Group demeure dans le domaine législatif et un projet de loi sur la conversion doit être présenté cette année à la chambre des députés du Massachusetts.

Commentaire

La reconversion des industries d’armement dans l’État du Massachusetts est, à l’image du pays tout entier, un mélange d’espoir et de déceptions. C’est aussi un combat politique permanent dont la nature détermine en grande partie l’évolution de la reconversion des industries de l’armement qui, au Massachusetts comme ailleurs, inclinent pour l’instant à faire obstacle aux changements.