Fiche de document Dossier : Les défis de la paix dans la région africaine des Grands Lacs après les massacres de 1994

, Paris, mai 2003

Construire la paix, un processus d’apprentissage complet : conclusion de Thania Paffenholz à l’ouvrage « Construire la paix sur le terrain, Mode d’emploi. »

La paix implique plusieurs acteurs et plusieurs dimensions de la vie humaine. Pour les personnes engagées dans la construction sur le terrain mais prises dans les tâches quotidiennes, il convient d’avoir une vision globale cohérente qui donne un sens à l’ensemble des efforts.

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Réf. : Construire la paix, un processus d’apprentissage complet in Construire la paix sur le terrain, Mode d’emploi$Ouvrage collectif sous la direction de Thania Paffenholz et Luc Reychler$GRIP$Bruxelles$2000$pages 410-418

Langues : français

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On peut résumer en quelques idées saillantes le contenu de ce texte. On constate que les personnes engagées sur le terrain ont tendance à rester aveuglées par la gestion quotidienne de leurs tâches spécifiques, oubliant qu’ils font partie de l’environnement du conflit et donc qu’ils ont des capacités à contribuer significativement à la construction de la paix. Le défi est dès lors de sensibiliser ces personnes et de leur faire prendre conscience de la contribution de leurs activités dans l’élaboration du processus la paix. Le journaliste, l’observateur d’élections, le militaire chargé du maintien de la paix, le médecin d’urgence, le logisticien humanitaire, hommes d’affaires, etc. tous devraient se sentir concernés.

Les tâches quotidiennes harassantes de toutes ces personnes ne doivent leur faire oublier pourquoi elles sont accomplies. Il s’agit de la paix. Et à ce titre, elles devraient être reliées à une vision de la paix nourrie par une réflexion permanente. Or, les défis du terrain ne permettent pas souvent cet exercice et il y a donc un péril.

Par ailleurs, une des sources majeures des conflits est le sentiment d’exclusion qu’éprouvent des personnes ou des communautés dans la prise de décisions dont ils vivront les effets. L’intégration de personnes adéquates dans ce processus de prise de décision peut contribuer à la construction de la paix. Comment juger et établir que telle ou telle autre personne est adéquate ? Il est dès lors important que des acteurs pertinents soient systématiquement impliqués dans la planification et la prise de décision, notamment les communautés locales. La flexibilité dans l’évaluation des personnes adéquates se révèle l’attitude conseillée. Si la tendance est souvent de privilégier les militants pour la paix et les droits de l’homme, il ne faut pas oublier l’importance des entreprises, par exemple.

Ces attitudes peuvent se résumer dans une capacité de prise de conscience de « ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons, mais également de la manière avec laquelle nous agissons ». Si on est d’accord sur le fait de laisser une place prépondérante aux acteurs adéquats, la tâche la plus importante pour les travailleurs de terrain consiste à concevoir un processus approprié qui conduira à mener les actions nécessaires pour atteindre les objectifs fixés.

Commentaire

Conclusion du livre « Construire la paix sur le terrain, Mode d’emploi » que l’auteur a dirigé avec Luc Reychler (Ed. GRIP, Bruxelles, 2000), ce texte est une synthèse qui peut suffire à un lecteur pressé pour connaître le contenu de l’ouvrage parce qu’il passe en revue toutes les contributions et raccorde l’expérience de chacune dans le vaste processus de construction de la paix.

Cet exercice montre la richesse d’une réflexion approfondie d’un acteur de terrain et mesure l’importance d’une vision pour donner une cohérence aux différentes actions de terrain pour la construction de la paix. Mais pour mesurer la richesse des expériences et d’analyses, je conseille de lire ce texte en premier avant de connaître tout le contenu du livre.