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Transformation de conflit, de Karine Gatelier, Claske Dijkema et Herrick Mouafo

Aux Éditions Charles Léopold Mayer (ECLM)

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, Paris, mai 2003

Médias et construction de la paix dans la région des Grands Lacs

À l’initiative de l’institut Panos, une cinquantaine de professionnels des médias et d’acteurs de la société civile du Burundi, du Rwanda et de la R.D. du Congo se sont rencontrés en avril 2002 à Nairobi au Kenya.

Mots clefs : Idées et valeurs | Presse écrite et paix | Télévision et paix | Radio et paix | Acteurs sociaux. Des citoyens et leurs organisations. | Organisations citoyennes et leaders pour la paix | ONG et Fondations internationales | Médias et paix | Sauver la paix. Eviter la guerre, gérer les conflits. | Gérer des conflits | Rechercher la paix. Agir pour la paix dans une situation de guerre. | Etablir le dialogue entre les acteurs et les partenaires de la paix | Région des Grands lacs | Rwanda | Burundi | République Démocratique du Congo

Pour la première fois depuis le conflit déclenché en 1998 - opposant l’armée congolaise à des rébellions encadrées par les armées rwandaise, burundaise et ougandaises - différents acteurs des médias ont pu échanger leurs points de vue sur la situation dans la sous-région et aborder les questions de fond qui font obstacle à la construction de la paix.

C’est grâce à l’initiative de l’Institut Panos, ONG internationale dont l’objectif principal est le renforcement du pluralisme de l’information et des médias dans le monde en tant que gage d’une pluralité de choix possibles en vue d’un développement démocratique des sociétés, que cette rencontre a pu avoir lieu.

Reconnaissant le caractère urgent de la recherche de la stabilité dans la région et la nécessité de ne pas laisser aux politiciens seuls la responsabilité du processus de paix, les participants à la rencontre ont mesuré le rôle crucial qu’ils peuvent jouer dans la construction de la paix.

Durant trois jours, ils ont discuté et débattu du rôle de la société civile et des médias dans les conflits et de l’intérêt d’une coopération renforcée entre eux au niveau national et sous-régional.

Cette rencontre s’est conclue par la rédaction de la « Déclaration de Naïrobi » et d’un plan d’action.

  • La Déclaration est un appel fait aussi bien aux professionnels des médias, aux acteurs de la société civile, aux Etats de la région des Grands Lacs qu’aux organisations internationales partenaires afin de créer et renforcer des initiatives de collaboration, de dialogue, de concertation et d’unité entre les peuples et les Etats des Grands Lacs sur une base de coopération régionale.

  • Quant au plan d’action, il programmait la création d’un observatoire sous-régional permanent chargé de l’alerte et de la prévention des conflits dans la région.

En parallèle une série de mesures ont été prises, notamment l’organisation des campagnes de sensibilisation médiatique pour la paix régionale, des caravanes de paix sur les trois pays concernés, d’une conférence sous-régionale des médias et de la société civile, d’un forum de discussion sur Internet, d’un système d’échange d’émissions et de programmes de médias relatifs à la paix et d’un partenariat stratégique avec les radios BBC, Radio France Internationale, Voix de l’Amérique, Radio Okapi, etc. Le but étant de favoriser un travail en réseau fait par les professionnels des médias en collaboration avec les Sociétés Civiles des trois pays.

L’initiative de cette rencontre est en soi un pas important dans le processus de la construction de la paix. Acteurs de premier ordre de la circulation des idées et des informations, les médias ont eu de grandes responsabilités dans les violences. Mais pas tous. On sait le rôle qu’avait joué en son temps la Radio Mille Collines dans l’entretien de la haine et l’exécution du génocide au Rwanda. Très tôt aussi, un certain nombre de médias publics ont eu des comportements partisans se faisant les porte-parole des gouvernements en conflits. Sans objectivité et sans déontologie, ils ont contribué à créer le climat de méfiance ou d’hostilité. Leur rencontre était donc l’occasion pour ceux qui forgent les opinions publiques de prendre la mesure de leurs responsabilités et de les exercer pour la cause de la paix.

Commentaire

Cette initiative, qui est une première entre des journalistes des pays en conflit, révèle la nécessité de créer des passerelles entre des milieux sociaux de ces pays afin de rendre la paix possible. En qualité de faiseurs d’opinions, les journalistes ont sans doute pris conscience d’avoir des préoccupations similaires. Il faut souhaiter une suite et d’autres formes de collaborations qu’il faudrait médiatiser afin de susciter un élan similaire avec des professionnels d’autres secteurs.

Notes

  • Rapports sur la rencontre des professionnels de médias et des acteurs de la société civile de la région des grands lacs, Institut Panos, Paris, 2002.